A l’occasion du TechEd Europe à Barcelone, SAP étoffe progressivement sa plateforme cloud en intégrant notamment de plus en plus de services basés sur l’IA. La création de chatbots, RPA, orientation vers le serverless et ouverture avec les API sont au rendez-vous.

En direct de Barcelone. Si l’année dernière, SAP TechEd avait démarré par un clin d’œil à la série Star Trek, le millésime 2018 de l’évènement reste dans le registre spatial avec des références à la conquête de Mars. Un moyen pour l’éditeur allemand de montrer sa capacité à penser et à travailler pour l’avenir. Ce futur s’articule autour du concept « Intelligent Enterprise » nécessitant « de la visibilité, des ressources dédiées et de l’agilité », souligne Björn Goerke, CTO de Cloud Platform.

La réponse à ces attentes est clairement dans les applications et leur développement. SAP propose donc aux codeurs différents services reposant sur Cloud Platform, son PaaS orienté métier qui revendique aujourd’hui plus de 10 000 clients. « Il s’agit d’une plateforme métier agnostique capable de gérer la complexité d’intégration (interface utilisateur, gestion des identités, data management, …) et ainsi faciliter le travail des développeurs », assure le dirigeant. Au cœur de ce dispositif, il y a plusieurs éléments dont « Intelligent Suite » une couche d’intégration capable de « faire dialoguer les applications entre elles », confie Erik Marcadé, directeur du développement prédictif et IA chez SAP. Cette suite facilite les échanges des applications avec les environnements SAP : expérience client, manufacturing et supply chain, engagement client, etc.

Enrichir Cloud Platform avec du serverless et des API

Intelligent Suite repose sur Cloud Platform qui s’enrichit au fil du temps pour prendre en compte les évolutions technologiques. Ainsi, le service Functions adopte le serverless, c’est-à-dire que les ressources et la gestion des serveurs nécessaires aux applications sont gérées par le fournisseur de cloud. Basée sur les microservices et les conteneurs, Cloud Platform Functions est capable de gérer le build et le run d’une application en s’occupant des aspects repository (gouvernance des contrôles d’accès, contrôle d’intégration, …) et runtime (intégration de Kubernetes ou Kubeless, sandboxing, métriques d’usage, …). Pour Björn Goerke, « le serverless est le futur du logiciel à travers les microservices et les conteneurs. Nous devons répondre à ce défi ».

Un autre volet mis en avant par SAP à Barcelone est l’importance des API. « L’ouverture et la gestion des API sont des points très importants pour enrichir et accélérer le déploiement des applications », poursuit le responsable. L’éditeur allemand vante ses efforts dans le domaine à travers son offre Open Connectors et son écosystème comprenant à date plus de 150 partenaires (Facebook, Dropbox, Slack, Paypal,…). L’orientation Open Source est par ailleurs clairement affichée, « nous sommes le 8ème contributeur sur GitHub », précise Björn Goerke sans oublier l’important travail autour de Cloud Foundry. Pour lui, l’ouverture est clairement « un élément clé de la stratégie de SAP vis-à-vis des développeurs ».

Du chatbot au Robotic Process Automation

L’intelligence artificielle ne pouvait pas être absente du TechEd et elle s’est invitée à travers les bots. La création des assistants répond à la demande des entreprises d’automatiser certaines tâches. On pense notamment à la relation client où les chatbots se développent rapidement. Sur scène, l’éditeur a montré comment un chatbot est capable de dialoguer et de gérer l’achat d’un ordinateur portable en gérant le langage naturel et la reconnaissance d’image (un code barre pour connaître le modèle du PC à remplacer). Dans cet exemple, la technologie de compréhension du langage naturel est apportée par Recast.ai, start-up française acquise par SAP en début d’année et rebaptisée Conversational AI. Ces modèles de machine learning vont être étoffés d’ici la fin de l’année autour de la reconnaissance de texte dans une image, selon certains critères (taille ou couleur de la police, marque, styles, …) et la détection d’objet dans des images. En complément, le partenariat avec Google est renforcé en favorisant les fonctions text to speech et speech to text en mode cloud.

Au-dessus de ces différentes fonctionnalités de machine learning, SAP a décidé d’investir dans le RPA (Robotic Process Automation), c’est-à-dire la capacité à construire des bots de bout en bout en gommant la complexité du processus (modèles, apprentissage, prédictif, intégration, gestion du cycle de vie). Omer Biran, directeur général de SAP Conversational AI, indique que « pour créer un chatbot au sein d’une entreprise, plusieurs mois étaient nécessaires. Nous avons réduit ce temps à quelques semaines ». Le portefeuille RPA de SAP débutera au début de l’année 2019 avec un bot pour S4/Hana capable d’automatiser les workflows.

 

Jacques Cheminat – lemondeinformatique